Mercredi 5 décembre

Après avoir longé la Loire sur trois kilomètres depuis le port, les gravières de Mâtel nous nous accueillent.

Entre le canal de Roanne à Digoin et la Loire, le site des gravières de Mâtel était un lieu d’extraction de granulats jusque dans les années 1970.

Ce site accueille aujourd’hui les amoureux de la nature autour de 23 hectares de plans d’eau.

Dans leur écrin de verdure au bord du fleuve, les gravières sont occupées en toutes saisons par différentes espèces. Nous pouvons ainsi observer des oiseaux d’eau nichant sur des îlots de graviers ou perchés sur des arbres flottants. Les castors ont également laissé leurs traces dans une végétation propice à la biodiversité.

Octobre 2018

Et nous voilà amarrés dans le port de Roanne au coeur de la ville et pour l'hiver.

Roanne, encore une de ces villes ignorées par les grandes voies de circulation qui organisent nos transhumances vers le soleil ou la neige. Le grand port où nous sommes amarrés est pourtant  le témoin de la grande histoire industrielle de la ville entre les mines de Montceau-les mines  et la sidérurgie de St Etienne ou du Creusot.

Une ville de province , vivante avec un marché de producteurs locaux, un joli théâtre, des lieux culturels institutionnels ou associatifs variés et actifs,  un centre agréable et bien sûr, les bords de Loire et la piste cyclable qui longe le canal.

Un séjour ici, c’est l’occasion de découvrir la magnifique vallée encaissée de la Loire au-dessus du barrage de Villerest, les villages médiévaux du voisinage et les Monts de la Madeleine tout proches. L’occasion aussi de déguster la gastronomie et les excellents vins des côteaux du Roannais. Bref, une belle escale !

 

 

 

Jeudi 19 avril 2018

Depuis 2 jours, c'est l'été

Nous avons quitté le canal de Saint-Quentin et sommes sur le latéral à l'Oise. Nous voilà amarré à Longueil Annel, la cité des bateliers au nord de Compiègne.

Il y a un très beau musée de la batellerie (http://www.citedesbateliers.com/) avec actuellement une exposition de photos "Les gens d'à bord" de  Jean-Pierre Gilson.

Les maisons qui bordent les rives sont pour beaucoup d'entre elles habitées par des anciens mariniers.

 

 

  11 Avril 2018

Andante sur la Lys française à Armantière. La lys est une rivière calme, très agréable,  aux méandres louvoyants dans la campagne.

 

Nous avons quitté Gand à la fin du mois de mars, avec des souvenirs plein la tête ! Merci à tous ceux qui nous ont rendu visite dans cette belle ville joyeuse, vivante et si jeune !!

  FEVRIER 2018
LES CROISIÈRES sur Andante... C'EST FINI !

Depuis que nous naviguons, nous avons eu le plaisir d'accueillir à bord des passagers pour 3 ou 4 croisières d’une semaine par an. Nous nous sommes lancés dans cette aventure, pour faire partager notre plaisir de la navigation fluviale et partager les frais de la navigation. Ceci en toute transparence et légalité. Nous avons contacté les services de navigation de l’Etat et nous nous sommes mis en règle, après avoir eu l’assurance que nous pouvions mener cette activité dans le cadre de la plaisance privée, c’est à dire dans un modèle économique qui est celui des chambres d’hôtes, gîtes ou Bla bla car par exemple.

Pour des raisons qui nous échappent, VNF a décidé cette année de qualifier notre activité de « professionnelle », alors que nous n’avons ni le permis, ni la structure, ni aucun des avantages liés à ce statut. Malgré toutes les preuves que nous avons fournies,  VNF s’entête. Ainsi, il semble qu’il y ait en France deux réglementations: une qui s’applique sur terre, une autre sur l’eau, au bon vouloir de VNF.

Nous sommes persuadés du bien-fondé de notre position, mais nous avons conscience que faire valoir nos justes droits face au service juridique de VNF, serait un combat long et épuisant et les années qui viennent sont trop précieuses pour nous, pour que nous les gaspillions de cette façon. Nous savons par ailleurs que l’habileté procédurière et les arguties juridiques peuvent devant un tribunal, avoir parfois raison du bon sens et de la justice. De nombreux et récents litiges entre des firmes et des consommateurs l’ont démontré. La vieille histoire du pot de fer et du pot de terre.

Pour pouvoir nous acquitter des taxes que nous réclament maintenant VNF, il nous faudrait notoirement augmenter les tarifs ce qui n’a jamais été notre projet et, augmenter notre volume de croisières, c’est à dire, devenir… « professionnels », ce qui est encore moins notre projet. Avec amertume nous devons donc renoncer à ces croisières.

Nous continuons les cabines et tables d’hôtes, et pour ce qui est des navigations, notre Andante restera ouvert à nos amis, aux amis de nos amis, et à leurs amis, qui comme le dit l’adage, sont aussi les nôtres…

Janvier 2018

Nous avons repris nos explorations de Gand : le château-fort, passage obligé, un vrai décor de cinéma, détruit, reconstruit, transformé, agrandi, vendu, racheté, ayant changé plusieurs fois de destination. Viollet le Duc y a travaillé. Nous avions déjà eu l’occasion de voir son travail à Pierrefonds quand nous étions amarrés près de Compiègne. Quand nous l’avons visité, il faisait beau et froid.  La neige tenait bon depuis quelques jours. Depuis les remparts la vue était superbe.

 

 

Nous avons terminé notre tournée des béguinages, par le plus grand « Sint Amandsberg ». S’en dégage aussi, cette impression de sérénité et de calme.

Tout près du port où nous sommes installés, il y a une ancienne et superbe abbaye du 14ième siècle appelée Bijloke. Là se trouvent le STAM musée de la ville, l’école d’Arts, une salle de concerts et le Kiosk où une artiste iranienne Nazgol Ansarinia présentait des installations, des dessins, une vidéo, autour du thème de la démolition. Le lieu lui-même est très beau.

Les cimetières nous en apprennent aussi souvent sur les villes que nous visitons. Dans le Campo Santo de Gand, en tout cas le plus grand, présenté par les guides comme une sorte de « Père Lachaise », seule la religion chrétienne a droit de cité semble-t-il. Nous avons préféré aux lourds mausolées de marbre, cette tombe d’un couple de mariniers, toute simple, aux deux ancres entrelacées.

Enfin en  vrac des tags, des façades de jour et de nuit, la cathédrale St Peters et sa grande place, les vœux conviviaux du maire, avec planches à repasser pour tout le monde, un de ces vélos familiaux qui circulent en nombre dans les rues, et des sculptures, de l'art de rue…

4 Novembre 2017

Nous sommes arrivés à Gand en pleine crise Catalane, et ici, bien sûr, ces événements résonnent d’une manière toute particulière. Étrange d’arriver dans une ville d’un pays officiellement bilingue et de constater que, dans une boutique, à l’approche d’une écluse, ou même dans la rue, quand votre interlocuteur comprend que vous ne parlez pas flamand, il bascule presque plus volontiers, et avec plus d’aisance en anglais, qu’en français.

À vrai dire, et cela n’enlève rien au charme de cette ville, à Gand nous nous croyons plus en Hollande qu’en Belgique. Plus proche de notre séjour à Amsterdam que de celui de Liège. La langue bien sûr, mais aussi les cafés, les canaux, et une atmosphère.

Nous en avons eu la confirmation en visitant le musée STAM qui présente l’histoire de la ville. Celle-ci est fortement imbriquée dans l’histoire européenne, dans des jeux d’alliance entre les familles royales ou ducales et bien sûr les éternelles et sanglantes luttes d’influence religieuse.

Gand, comme d’autres villes européennes, Strasbourg notamment, a tenté d’exister comme une « ville libre » à différentes époques du Moyen-âge. Ici, c’est Charles Quint qui a militairement  mis fin à ces volontés d’autonomie.

Depuis le XIXème siècle, ce sont les puissances d’argent qui sont maîtres du jeu, en Wallonie d’abord, avec l’essor du charbon et de l’acier, puis avec le déclin de la sidérurgie, en Flandres, avec le commerce et les immenses ports de la mer du Nord. Richesses acquises aussi, sur fond d’exploitation coloniale.

Ce qui est inquiétant, c’est que ces préoccupations régionalistes, souvent portées par les régions les plus riches, font passer au deuxième plan des problèmes qui semblent plus transversaux à toutes les régions d’Europe et finalement d’une autre importance : la crise sociale et écologique. Le soutien du MVA Flamand, qui n’est pas à proprement parler le nec plus ultra en matière de parti démocratique et écologique aux indépendantistes catalans, en est une preuve flagrante.

 

Ce qui semble évident, quand on navigue depuis Avignon, jusqu’ici, c’est qu’il y a plus de points communs, en terme d’architecture, d’histoire, de traditions culinaires, entre Gand et Arras, qu’entre Arras et Avignon. Les intérêts politiques et financiers des puissants ont décidé des frontières souvent sans tenir compte des réalités historiques et géographiques, parfois même de l’histoire des peuples. C’est vrai en Europe centrale,  en Palestine, ou pour le peuple Kurde, pour ne citer que ces trois exemples.

Il paraît alors légitime, ici, comme en Catalogne que les peuples puissent choisir. Toute la question est de délimiter ces « peuples ». Souvent c’est une question de points de vue.

D’autre part, les autonomistes de tous poils, en ne comprenant peut-être pas où se situent les enjeux décisifs, laissent s’installer la vraie et la plus dramatique des uniformisations que nous vérifions dans toutes les rues commerçantes de toutes les villes que nous visitons, ici comme ailleurs. Fervents défenseurs de leurs traditions régionales, de leur langue, ils et elles défilent tous et toutes avec des Nike au pied, des I-phones dans la poche de leurs jeans H&M, avant de foncer au Mc Donald dans un taxi Uber.  

C’est en visitant le SMAK, le musée des Beaux-arts que l’on mesure également comment depuis des siècles, les courants artistiques européens  s’influencent et s’enrichissent les uns les autres. C’est évidemment dans le domaine de la culture, que la volonté  de repli sur soi, sur ses traditions, apparaît de manière la plus éclatante comme illusoire et dangereuse. 

Alors à Gand, nous allons arpenter les rues en tentant d’apprendre un peu,  de la sagesse des vieilles pierres, de la folle créativité de Jérôme Bosch et de l’énergie, de l’enthousiasme des jeunes musicien(nes) de jazz.

22 octobre 2017

 

Nous sommes enfin arrivés à Gand ! Allons-nous retrouver Marieke ?

 

19 septembre 2017

 

Nous voilà arrivés au Chantier Plaquet à Pérones Lez Antoing sur l'Escaut canalisé en Belgique. L'accueil y est très convivial.

 Il y a déjà deux Freycinet qui attendent des réparations

Les "chaises" sont installées pour accueillir Andante. Quand la cale sèche (bien humide cependant) sera pleine, Dom amènera le bateau  juste au-dessus. Un travail de mesures de précision aura été fait au préalable. Puis la cale sera vidée et le bateau posé. Ensuite, le nettoyage, l'expertise et les travaux seront fait.

3 septembre 2017

 

Après un été riche et ensoleillé, qui nous a vu fêté les dix ans de notre vie sur Andante, nous avons repris la navigation. Nous avons dû rapidement changer de destination car la route vers Toul par le canal de l’Est est fermée prématurément pour cette année, par manque d’eau. Le canal des Ardennes étant peu sûr en profondeur, nous avons préféré celui de la Bourgogne à la Champagne qui nous ramènera vers St Quentin, via le latéral à la Marne (Reims)et l’Aisne.

Nous avons aussi changé la destination de notre chantier, car Liège devenait trop à l’Est. C’est donc le chantier Plaquet de Péronnes à la frontière belge qui nous accueillera fin septembre. Nous rejoindrons ensuite, comme prévu et si tout se passe bien Gand, où nous passerons l’hiver.

30 Avril 2017

Nous voilà arrivés dans le très accueillant port de Roanne. Plus de 100 bateaux ont hiverné ici. Nous avons assisté à de nombreux départs, mais il restent encore de nombreux plaisanciers sympathiques qui savent accueillir les nouveaux venus !

23 Janvier 2017

 

Il fait froid, un vrai bel hiver au canal gelé et aux dentelles sur les arbres et bosquets.

Depuis que nous sommes partis du Havre, c'est le premier bel hiver de givre et de glace que nous vivons sur Andante. On nous en avait beaucoup parlé et nous étions ravis de les voir, mais même à Amsterdam nous n'avons pas vu de patineurs sur les canaux holandais

A Fragnes La Loyère, les péniches aux mariniers courageux ont du fendre la glace épaisse pour rejoindre la Saône et leur chantier fluvial.

Le très accueillant port de Fragnes La Loyère

9 octobre 2016

 

Nous sommes arrivés à FRAGNES LA LOYÈRE au coeur de la Bourgogne, non loin de Chalon sur Saône, de Rully, Santenay, Mercurey. Si l'envie vous prend d'une escapade champêtre pour profiter de la belle piste cyclable qui longe le canal, de flâner sur le beau marché de Chagny, pour  déguster de bons crus dans les caves voisines, ou encore pour visiter entre autres le musée Niepce à Chalon, nous vous accueillerons d'octobre à fin mars.

1er octobre

Nous sommes actuellement sur le chemin de notre port d'hivernage. Nous serons à FRAGNES non loin de Chalon sur Saône, d'octobre à Avril. Après la Seine, le Loing, le canal de Briare et le canal Latéral à la Loire, nous naviguons maintenant sur le canal du Centre. Le soleil nous accompagne et nous profitons pleinement des paysages magnifiques.

Septembre 2016

 

Nos croisières d'été sont maintenant terminées. Nous avons encore traversé de magnifiques régions avec des hôtes formidables. Nous les remercions pour la confiance qu'ils nous ont accordée.

Cet été, nous avons navigué de Strasbourg jusqu’à Fragnes, un port proche de Châlon sur Saône, en passant par l’Allemagne et le Luxembourg.

Nous avons traversé l’Alsace, la Lorraine, la Champagne, la Picardie, Paris, la Bourgogne.

1421 km et 411 écluses de tous gabarits, sur la Sarre, la Moselle, l’Aisne, l’Oise, la Seine, les canaux de la Marne au Rhin, des Vosges, les latéraux à l’Aisne, à la Loire, le Briare, Le canal du Centre.

De superbes journées de navigation, journées ensoleillées, pour la plupart,  partagées avec la famille, des amis et des passagers fort sympathiques. 

5 Juillet 2016

La Moselle sauvage vue de Liverdun.

Après Nancy, nous quitterons la Moselle pour le canal de l'Est vers Toul puis le canal de la Marne au Rhin, Bar le Duc, Vitry le François, Châlon en Champagne, Reims...

Mai 2016

La boucle de Ham et les coteaux du Luxembourg

Juin 2016

Nous quittons le Luxembourg, la Moselle s'élargit. Nous ferons une bonne halte à Metz que nous découvrirons avec bonheur. Dommage qu'il n'y ait pas de port pour les gros bateaux !

Mai 2016

Andante dans le port Sarreguemines "L'EAU REINE"  tenu et animé par une association de bénévoles dynamiques et fort sympathiques

Nous avons quitté Strasbourg depuis le 2 mai.  Nous descendons la Saar et la Moselle . La Lorraine est une belle  région, boisée, valonnée, et très accueillante.

      Andante à Niderviller

 

Vendredi 1er Janvier

         2016

Ce que nous vous souhaitons...

Mardi 29 décembre 2015

OBERNAI
« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’Alsace, sans jamais oser le demander» pour paraphraser Woody Allen, c’est une bonne manière de présenter la visite d’Obernai.

Une cité médiévale, des remparts, des maisons à colombages aux crépis de couleurs vives et aux toitures splendides et colorées, des ruelles étroites, l’hôtel de ville et le beffroi majestueux, la bière, la route des vins. Bref, en une heure de promenade et en un kilomètre carré, vous avez devant les yeux, un concentré de tout ce qui fait l’Alsace des cartes postales.

Le village est situé en bordure du Piémont vosgien et la masse sombre des montagnes qui le dominent ajoute encore au caractère de l’endroit. Nous avons pris le temps de grimper (en voiture) jusqu’au mont Ste Odile. L’abbaye de Hohenbourg qui occupe le haut de la montagne est intéressante à visiter, gratuite pour l’essentiel, ce qui n’est pas toujours le cas, et le point de vue sur la plaine d’Alsace, qu’on découvre depuis les terrasses, à couper le souffle. Ça donne envie d’y revenir au printemps en tandem.

Bon, ensuite, que des gens puissent croire encore aujourd’hui au double miracle grâce auquel Sainte Odile retrouva la vue le jour de son baptême et qui ouvrit la montagne en deux lui permettant quelques années plus tard, d’échapper à un mariage forcé, ça ferait plutôt sourire… Et puisque nous avons commencé cette chronique avec une « presque » citation de Woody Allen, laissons lui le mot de la fin : "Si seulement Dieu me donnait une preuve réelle de son existence ! Comme par exemple déposer une grosse somme à mon nom dans une banque suisse."

 

Jeudi 10 décembre 2015

Strasbourg et son marché de Noël, sans neige cette année. La température ne justifiait pas vraiment le vin chaud qui a quand même coulé à flots. Pains d’épices,  manele, chocolats, nougats, charcuterie, vins de la région et décorations de Noël, il y en avait pour tous les goûts, dans les trois cents petits chalets répartis en une dizaine de marchés dans la ville. Les deux salons des artisans artistes, et le marché des IPPA (Irréductibles Petits Producteurs d’Alsace) ont eu notre préférence. Nous avons visité aussi celui de Colmar, avec un aller et retour en train. La ville est très belle et les marchés plus authentiques et peut-être plus chaleureux.

Le musée d’art moderne est installé juste à côté du barrage, sur les berges de l’Ill, place Jean Arp. C’est d’abord un beau bâtiment, à la lumière et aux volumes exceptionnels. Les collections permanentes sont intéressantes et présentées sans surcharge, avec, spécificité régionale, la riche présence de peintres de l’Est. Est de la France, Est de l’Europe.

Gustave Doré, né à Strasbourg, le formidable illustrateur a droit à une gigantesque salle pour la présentation de sa toile « Le christ quittant le prétoire » dont à notre avis la taille est le principal intérêt. Doré était avant tout un génial illustrateur (Dante, Hugo, La Fontaine, Cervantès…), un des précurseurs de la BD, par son incroyable sens du cadrage, la manière dont il donne du sens aux images au point qu’un critique avait dit au moment de la sortie de l’Enfer : « Ce n’est pas Dante illustré par Doré, mais Doré illustré par Dante ». Les critiques perdent parfois le sens de la mesure. On apprend que c’était un talent très précoce, (on peut voir dans une vidéo des dessins exécutés quand il avait 9 ans). Nous avons appris qu’il était très cul-béni, et en faisant quelques recherches, que, plus grave, pendant la Commune de Paris, il s’était réfugié à Versailles.  On ne devrait parfois rien savoir de la vie des artistes dont on admire le travail.

Quelle belle rencontre par contre avec Tristan Tzara. Nous le connaissions un peu, le dadaïsme aussi. Mais là, une exposition riche et approfondie lui est consacrée. À son travail, au rôle qu’il a eu dans la création et la proximité des mouvements Dada et surréaliste, à ses amis peintres sculpteurs, poètes, artistes en tous genres et à ses engagements politiques. Nous avons acheté « L’homme approximatif » à la librairie du musée et la lecture de ces poèmes nous touche beaucoup. Comme ces mots, sur nos destins communs, sur la vacuité et en même temps l’irremplaçable valeur de la vie, qui résonnent avec une force particulière en cette période difficile :

 « Les cloches sonnent sans raison et nous aussi

nous marchons pour échapper au fourmillement des routes

avec un flacon de paysage une maladie une seule

une seule maladie que nous cultivons la mort

Je sais que je porte la maladie en moi et n’en ai pas peur

Je porte la mort et si je meurs c’est la mort

Qui me portera dans ses bras imperceptibles

Fins et légers comme l’odeur de l’herbe maigre

Fins et légers comme le départ sans cause

Sans amertume sans dettes sans regrets sans

Les cloches sonnent sans raison et nous aussi

Pourquoi chercher le bout de la chaîne qui nous relie à la chaîne"

(T.Tzara « L’homme approximatif »)

Mardi 1er décembre

Le froid de l'hiver est arrivé sur l'Alsace.

"Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous" Tristan Tzara.

Plus forts que la guerre, plus forts que la haine.... la musique, la poésie, l'art et aussi l'envie de découvrir et de partager.

 

 

Mercredi 25 novembre

Le barrage Vauban, est un très bel édifice qui enjambe l’Ill. Vauban qui a laissé sa lourde marque dans tant de nos villes, a imaginé ce barrage répondant aux exigences de la guerre du XVIIème siècle. En cas de menace,  des portes pouvaient obstruer les arches de l’ouvrage. Les eaux, montant, inondaient les terrains au sud de la ville, les rendant infranchissables. On peut voir encore  les mécanismes, roues, chaînes, axes qui permettaient la manœuvre. Aujourd’hui, la terrasse supérieure offre un magnifique point de vue sur la ville et la galerie intérieure accueille tous les deux ans la Biennale Internationale du Verre. Nous avons eu la chance de voir ces belles installations.

Vendredi 19  novembre 2015

Nous sortons tout juste du Musée historique de la ville de Strasbourg. Quelle plongée ! Nous sommes restés trois heures à arpenter les salles installées dans une ancienne et immense boucherie du XVIème siècle, avec notre audio guide sur les oreilles, sans voir le temps passer. Audio guide gratuit, qui se déclenche tout seul quand on change de lieu, avec des documents en bonus accessibles avec une fonction « loupe », un bonheur !  

Ce qui est fascinant dans ce musée, c’est la manière dont les objets, peintures, documents, thèmes choisis pour illustrer chaque époque, rendent compte de la complexité d’un moment particulier, de l’histoire humaine en général, et par voie de conséquence, comment ils semblent d’une actualité troublante. 

La manière par exemple dont s’est posé de nombreuse fois, ici, à Strasbourg, l’épineux problème des relations entre le politique et le religieux, entre les religions elles-mêmes, la manière dont les responsables de ces deux autorités ont trouvé des accords et des compromis, souvent sans que le peuple soit véritablement consulté. On y apprend que Strasbourg qui est aujourd’hui une ville concordataire, récusant en cela la laïcité républicaine, a été une des premières villes à s’affranchir de la tutelle de son évêque les armes à la main. On y apprend que la Révolution Française y a été très active, que le premier journal imprimé est né à Strasbourg, qu’une révolution avec ses comités ouvriers a secoué la ville en 1918, que la résistance alsacienne s’était spécialisée dans les attentats, que l’administration allemande en 1940, a interdit le retour d’exode aux juifs et …aux ex-fonctionnaires français. On y apprend enfin, que loin des discours généreux et pacifistes, l’Europe institutionnelle a commencé à exister par la création de la CECA (Compagnie européenne du charbon et de l’acier) !

Un mot pour dire que la muséographie est claire, et agréable à suivre avec en point d’orgue la projection d’hologrammes au-dessus de l’immense (72 m2) plan relief de la ville de Strasbourg datant du  XVIIIème siècle.

C’est sûrement parce qu’il pose plus de questions qu’il n’assène de réponses que ce musée est passionnant et qu’on en sort avec l’envie d’en savoir plus sur cette ville dont chaque pierre, chaque rue, chaque pont porte la marque de l’histoire européenne. Vous avez compris : nous avons été emballés !

 

Après une "pause" de quinze jours de travaux chez Théo et Anne-Lise à Nice nous voilà de retour. Strasbourg se pare pour le marché de Noël

 

Mercredi 28 octobre  2015

Premières promenades à vélo, le long des canaux, dans la Petite France, dans le quartier des institutions Européennes. La ville a pour nous, un vague air de cousinage avec Amsterdam. Peut-être toute cette eau, peut-être aussi la grande facilité pour les vélos de se déplacer, et leur nombre. Il y a cependant dans la solennité des grandes places, dans la solide présence de l’architecture des bâtiments culturels, universitaires ou politiques, quelque chose qui vous murmure à l’oreille que l’Allemagne n’est pas loin. En tout cas, le premier contact est séduisant, sous un soleil d’automne qui rend nos déambulations « nez au vent », très agréables. 

Ça vous connaissez....!! Pas besoin de vous faire l'article, c'est magnifique !!

Vendredi 13 octobre 2015

 

Strasbourg, nous voilà !

 

Partis de Niffer jeudi 22 octobre à 8h, et après 107km et  8 GRANDES écluses, nous sommes arrivés à Strasbourg vers 20h15. Le moteur d'Andante, un peu bridé depuis quelques semaines sur le canal, a ronronné joyeusement pendant ces 12 heures de navigation.

Nous sommes donc dans l' accueillant Port Koejac boulevard des Belges derrière le parc de la Citadelle.